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La ministre du Travail visite Korian pour vanter le recrutement dans le social, la CGT pointe la difficulté à améliorer les conditions de travail

La ministre du Travail doit se rendre aujourd'hui dans un Ephad de la région parisienne, à Franconville (Val-d'Oise), qui appartient à Korian, un groupe qui annonce vouloir recruter 4 000 personnes en 2019. Muriel Pénicaud va donc visiter la maison de retraite et présider une table ronde "sur les enjeux en matière de recrutement dans l'accompagnement des seniors". La ministre du Travail en profitera-t-elle pour rappeler que l'attractivité pour ces métiers dépend aussi des conditions de travail et des relations sociales, autrement dit de la considération portée aux organisations syndicales et aux institutions représentatives du personnel ? Elle serait en tout cas bien inspirée de le faire selon Albert Papadacci, cuisinier et délégué syndical central CGT, qui rappelle les nombreux mouvements sociaux qu'a connu le groupe. Les choses n'ont-elles pas changé depuis ? "Au siège, la direction générale a pris conscience de la dégradation des conditions de travail, et de la nécessité d'agir, car tous les reportages sur le sujet n'arrangent guère la direction, qui parle d'un "Korian bashing". Le problème, c'est que les décisions prises au siège ne sont pas suivis d'effet dans les établissements", soutient le délégué syndical. Par exemple, la volonté de transformer en CDI les CDD de longue durée, ce que demandait la CGT, donne des résultats décevants au bout d'un an "pour des raisons budgétaires" : "Nous avons par exemple un ratio de 6 salariés pour 10 résidents alors qu'il nous faudrait 6 soignants pour 10 résidents. Le problème est qu'un directeur dit ne pas pouvoir les financer. Les directeurs sont pris par la logique budgétaire". Autre problème pointé par le DSC : le turn over de l'encadrement, notamment intermédiaire. "Salariés et élus du personnel ne savent pas à qui s'adresser tellement ça tourne", regrette le délégué syndical. Pour Albert Papadacci, il faudrait donc desserrer les contraintes budgétaires et faire en sorte de fidéliser l'encadrement pour que les décisions prises au sommet soient réellement répercutées à la base.

Ajoutons que le groupe tiendra en novembre ses élections professionnelles. Au lieu des 4 CE (2 pour les Ephad, 1 pour les cliniques et 1 pour le siège), les salariés éliront...7 CSE. Une perspective a priori positive donc, sauf, déplore Albert Papadacci, qu'il n'y aura plus de DP mais des représentants de proximité. A suivre...