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Coronavirus : les établissements scolaires fermés dès lundi, vers un télétravail et un chômage partiel massifs

AFP
Emmanuel Macron, le 12 mars 2020
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Dans une allocution radiotélévisée, le Président de la République a annoncé jeudi soir des mesures exceptionnelles de chômage partiel pour les salariés devant rester à leur domicile et ne pouvant pas télétravailler.

Les élections municipales, dont le premier tour a lieu ce dimanche, sont maintenues. En revanche, les établissements scolaires, de la crèche aux universités en passant par les écoles, collèges et lycées, sont fermés à compter de ce lundi afin de freiner la propagation du Covid-19, dit Coronavirus, a annoncé hier Emmanuel Macron lors d'une allocation radiotélévisée au ton dramatique, à 20 heures, lors de laquelle il a qualifié cette épidémie "de pire crise sanitaire" que la France a connue depuis un siècle (voir ici son discours).

Il s'agit, a-t-il expliqué, de "de continuer à gagner du temps" sur l'épidémie en évitant l'engorgement des hôpitaux et de leurs services de réanimation. Un service de garde sera mis en place, "région par région", pour permettre au personnel soignant de continuer à travailler dans les hôpitaux, a indiqué le président de la République qui demande aux Français de limiter leurs déplacements mais aussi les rassemblements.

Télétravail et chômage partiel

Les entreprises sont également invitées par le chef de l'Etat à "permettre à leurs employés de travailler à distance"  autant que possible. Pour les salariés ne pouvant télétravailler et devant rester à domicile, mais aussi pour les entreprises éprouvant des difficultés du fait du ralentissement des échanges dû à l'épidémie, le président de la République promet "un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel". De premières mesures ont été annoncées cette semaine, sans être encore traduites sur le plan réglementaire, mais nous irons beaucoup plus loin, a promis Emmanuel Macron : "L'Etat prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints de rester chez eux". Par ailleurs, "les échéances qui sont dues dans les prochains jours et les prochaines semaines seront suspendues pour toutes celles et ceux qui en ont besoin", a indiqué Emmanuel Macron en direction des forces économiques.

La santé, explique le chef de l'Etat qui fait appel au sentiment de solidarité et au sens de responsabilité de la population, est une priorité absolue, "quoiqu'il en coûte". Emmanuel Macron a ainsi appelé les partenaires sociaux à participer à un grand élan de "solidarité nationale" et annoncé également le report de deux mois de la trêve hivernale. "Je compte sur nous tous pour inventer dans cette période de nouvelles solidarités", a-t-il lancé en estimant qu'il est "des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois de marché". Une parole parfois raillée sur les réseaux sociaux, certains accusant le chef de l'Etat d'avoir détricoté justement depuis le début de son mandat les mécanismes de solidarité.

Un tournant politique ?

En 2008, la crise financière et économique survenue au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, élu sur le thème du "travailler plus pour gagner plus", avait conduit ce dernier à modifier sa politique, l'Etat jouant un rôle d'amortisseur social de la crise via des mesures comme le chômage partiel. En ira-t-il de même avec le quinquennat d'Emmanuel Macron du fait de la crise sanitaire ? Début de réponse sans doute demain avec la réunion des partenaires sociaux au ministère du Travail.

Hier soir, FO a pris acte des annonces du président de la République qui rompent "avec une lecture strictement budgétaire et comptable qui a longtemps prévalu". Le syndicat réitère sa demande, exprimée par toutes les organisations syndicales, de "renoncer à la mise en oeuvre de la réforme restreignant les droits à indemnisation des demandeurs d'emplois", réforme dont le deuxième volet sur le calcul de l'indemnisation doit entrer en application au 1er avril prochain.

Bernard Domergue
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Bernard Domergue