Devenir ami sur Facebook avec mon chef ? Non, merci !
Une grande majorité des salariés possède aujourd'hui une page Facebook, utilisée notamment pour discuter avec leurs collègues. Une pratique perçue par les entreprises comme un danger pour leur image, selon une étude Cegos.
Depuis quelques semaines, des affaires de licenciement en raison de propos tenus sur Facebook défraient la chronique. L'étude de l'organisme de formation Cegos fait le bilan de l'utilisation réelle des réseaux sociaux par les salariés (*).
6 salariés sur 10 sont sur Facebook
À la lecture des 61% de salariés qui ont un compte Facebook, on peut craindre la multiplication de telles affaires. D'autant plus que près de la moitié de ces utilisateurs s'y rendent depuis leur poste de travail (14% se connectent une ou plusieurs fois par jour à ce site). L'usage est alors très majoritairement personnel (87% chez les ouvriers).
Communiquer avec les collègues
Lorsque les réseaux sociaux sont utilisés à des fins professionnelles, c'est pour entretenir et agrandir le réseau selon 6 sondés sur 10. Mais aussi pour communiquer avec certains collègues (41%), un chiffre qui grimpe à 69% chez les ouvriers. L'avis des salariés à l'égard des réseaux sociaux est d'ailleurs positif : 32% estiment que cela améliore l'accès à l'information et 19% les relations avec les collègues.
Qui veut être "ami" avec son chef ?
Discuter sur Facebook avec les collègues, oui. Avec l'employeur...beaucoup moins. En effet, 75% des salariés refusent de devenir "ami" avec leur supérieur hiérarchique, 82% avec leur patron.
Une faible crainte des réseaux sociaux
Un refus qui ne révèle pas pour autant la peur d'une sanction. À la question : "Lorsque vous vous exprimez sur les réseaux sociaux, avez-vous des craintes vis-à-vis de votre employeur ?", 65% des salariés répondent par la négative. Seuls 6% des sondés sont très inquiets. Un chiffre qui tranche avec la méfiance affichée des responsables de réseaux sociaux qui jugent assez forte la menace que représente Facebook pour l'image de leur employeur.
Les entreprises veillent sur leur image
Attention donc à ne pas se faire piéger. Car si seulement 9% des salariés disent avoir déjà exprimé des appréciations sur leur management, ce chiffre est estimé à 27% côté patronal. De même, 8% des entreprises affirment que les salariés communiquent sur les réseaux sociaux des informations internes à diffusion restreinte ou même des informations confidentielles.
| Gare à la condamnation pour injures publiques ! |
| La sanction disciplinaire n'est pas le seul risque encouru par le salarié qui s'exprime sur sa hiérarchie sur Facebook. Un élu de comité d'entreprise, délégué CGT, a été condamné la semaine dernière par le tribunal correctionnel de Paris à 500 euros d'amende pour injure publique après avoir tenu les propos suivants sur la page Facebook de sa section syndicale : "Journée de merde, temps de merde, boulot de merde, boîte de merde, chefs de merde" et "ben je n'aime pas les chefaillons qui jouent au grand". |
(*) Etude menée par l'Observatoire de la Cegos en novembre 2011 auprès de 1 200 salariés d'entreprises et 300 responsables de réseaux sociaux.